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Arroser sous serre : 8 règles pour limiter l’humidité

Profil de Henrix, le jardinier
Par Henrix

Expert jardinier

Arroser sous serre : 8 règles pour limiter l’humidité
Sommaire

Réponse rapide

Arrosez le matin, directement au niveau des racines, puis aérez la serre. Vérifiez l’humidité du sol avant chaque apport et préférez un arrosage lent et ciblé à de petits apports superficiels. Un goutte-à-goutte bien réglé est généralement plus efficace qu’un arrosage par aspersion.

Arroser sous serre paraît simple : la pluie n’entre pas, il suffit donc de remplacer ce qu’elle aurait apporté. En réalité, l’équilibre est plus délicat. Trop peu d’eau ralentit les cultures ; trop d’eau asphyxie les racines, augmente l’humidité de l’air et favorise plusieurs maladies. Le but n’est pas d’arroser souvent, mais d’apporter la bonne quantité au bon endroit et au bon moment.

Pourquoi l’arrosage augmente-t-il l’humidité sous serre ?

L’eau ne reste pas uniquement dans le sol. Une partie s’évapore et une autre est rejetée dans l’air par la transpiration des plantes. La nuit, l’air refroidit et retient moins de vapeur d’eau : celle-ci se condense sur la bâche et peut retomber sur le feuillage.

Un guide de l’University of Maryland sur les tunnels souligne que l’excès d’eau augmente l’humidité et que la respiration des plantes accentue encore ce phénomène la nuit. Il recommande notamment une courte ventilation matinale pour sécher l’ambiance. Consulter le guide.

Les 8 règles d’un arrosage plus précis

1. Arroser de préférence le matin

L’eau est disponible avant la montée des températures et l’éventuelle humidité sur les plantes peut sécher pendant la journée. Un arrosage tardif n’est pas toujours interdit, mais il augmente le risque de passer la nuit avec une serre déjà saturée d’humidité.

2. Apporter l’eau directement aux racines

Le goutte-à-goutte applique de petites quantités dans la zone racinaire et limite les pertes par évaporation. La documentation technique de l’University of Maryland indique que cette méthode utilise généralement moins d’eau que l’aspersion et permet de mieux contrôler les volumes. Voir la source sur l’irrigation.

3. Contrôler le sol avant d’ouvrir le robinet

La surface peut être sèche alors que la terre reste humide à dix centimètres de profondeur. Inversement, un sol paillé peut sembler frais en surface mais manquer d’eau plus bas. Contrôlez plusieurs points, notamment près des plants les plus vigoureux.

4. Arroser lentement et assez profondément

Une irrigation trop rapide peut ruisseler dans les allées ou contourner une motte devenue hydrophobe. Un apport lent laisse à l’eau le temps de pénétrer. Le système racinaire se développe alors dans un volume de sol plus important.

5. Adapter la fréquence au sol et à la culture

Un sol sableux sèche plus vite qu’un sol argileux. Une petite salade n’a pas les mêmes besoins qu’un plant de tomate chargé de fruits. La météo, la densité des plantes et leur stade de développement doivent modifier le programme d’arrosage.

6. Garder le feuillage aussi sec que possible

L’aspersion mouille les feuilles, les tuteurs et les allées. Elle peut favoriser les projections de spores depuis le sol. Sous serre, il est généralement plus prudent d’arroser au pied et de réserver la pulvérisation à des usages précis.

7. Pailler pour rendre l’humidité plus régulière

Le paillage réduit l’évaporation et évite les alternances brutales entre sol détrempé et sol sec. Cette régularité est importante pour limiter les fruits fendus et certains troubles comme la nécrose apicale, souvent liée à un transport irrégulier du calcium dans la plante.

8. Vérifier que tous les goutteurs distribuent la même quantité

Un tuyau mal dimensionné, un filtre encrassé ou des goutteurs bouchés créent des écarts importants. L’University of Maryland recommande de contrôler la pression et l’uniformité des émetteurs. Voir leur méthode de contrôle.

Comment reconnaître un excès d’eau ?

Un sol constamment détrempé, une odeur de terre confinée, une croissance molle, des feuilles jaunissantes et une forte condensation doivent vous alerter. Ces signes ne suffisent pas à poser un diagnostic, mais ils justifient de réduire l’arrosage et de vérifier le drainage.

Et un manque d’eau ?

La terre se rétracte, les feuilles restent molles le matin, les jeunes fruits cessent de grossir et l’eau traverse parfois trop vite une motte très sèche. Réhumidifiez progressivement plutôt que d’inonder en une seule fois.

À quelle fréquence faut-il arroser sous serre ?

Il n’existe pas de fréquence valable pour toutes les installations. Un sol sableux peut demander des apports plus rapprochés, tandis qu’un sol argileux conserve l’eau plus longtemps. La taille des plantes change aussi la consommation : un jeune plant de tomate et un pied adulte chargé de fruits n’exploitent pas le même volume d’eau.

Plutôt que de programmer une durée fixe pour toute la saison, notez le temps nécessaire pour humidifier réellement la zone racinaire, puis réévaluez ce réglage après une période chaude, une taille importante ou une forte croissance. Un programmateur facilite la régularité, mais il ne dispense pas de contrôler le sol et les goutteurs.

Faut-il mesurer l’humidité du sol ?

Pour un petit tunnel, l’observation manuelle suffit souvent : prélevez un peu de terre à dix ou quinze centimètres, pressez-la et regardez si elle forme une motte souple ou si elle s’effrite immédiatement. Une sonde tensiométrique devient intéressante lorsque la surface cultivée augmente ou lorsque les apports doivent être très précis. L’outil ne décide pas à votre place, mais il permet de comparer les journées et d’éviter les arrosages purement intuitifs.

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Le conseil d'Henrix

Je n’arrose jamais uniquement parce que “c’est le jour”. Je vérifie d’abord le sol. Sous serre, une routine fixe est utile pour ne rien oublier, mais la décision finale doit dépendre de l’humidité réelle, de la météo et du stade des plantes.

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